Critique de Roxanne Boussard à propos du film Niñxs, de Kani Lapuerta

C’est au Mexique, dans la petite ville de Tepoztlán, au pied de la colline sacrée de Tepozteco, que se passe cette histoire. Le réalisateur de Niñxs, Kani Lapuerta, suit durant huit ans l’évolution de Karla, la protagoniste du film. On voit son esprit et son corps traverser les étapes de sa transition pour devenir la femme qu’elle rêve d’être. Le réalisateur réussit à créer une œuvre pleine de joie et de spontanéité, on ressent les différentes tournures que prend le film à mesure que Karla et Kani évoluent, ce qui le rend unique.

Le premier plan du film montre la protagoniste accompagnée du réalisateur en train faire le montage du film. Les deux amis reviennent sur les huit dernières années de la vie de Karla comme s’ils regardaient le film en même temps que le spectateur. La protagoniste qui a quinze ans au moment du montage du film, nous commente son histoire de son œil déjà plus aguerri. La temporalité du film se construit faisant des allers retours dans le passé et rendant ainsi la chronologie plus intéressante.

La transidentité apparaît comme un chemin au fil duquel se dessine une évolution marquée par le doute et la peur. Karla évoque à plusieurs reprises la peur se faire tuer. C’est touchant, car on entend généralement parler de la peur de la mort, mais pas de l’idée d’être assassiné à cause de son identité. Cette légère différence que peut ressentir une personne transgenre en dit beaucoup sur la société dans laquelle Karla (et nous tous) vivons.

Néanmoins, dans Niñxs, beaucoup de questions restent sans réponse. La spontanéité du film lui fait défaut sur ce point. Il y a certains éléments qui sont mentionnés sans trop être développés, rendant quelquefois la compréhension générale du film compliquée.

À travers l’histoire de Karla, le film célèbre de belles relations, comme celle qu’entretien la jeune fille avec ses amis. Niñxs mêle le rire et le courage, tout ça, au cœur de paysages magnifiques.