Critique de Vincent Grillet à propos du film Vainilla, de Mayra Hermosillo

Vainilla se déroule à la fin des années 1980 au Mexique et suit Roberta, une fillette de 8 ans, qui vit entourée uniquement de femmes, issues de plusieurs générations d’une même famille. Alors que la maison familiale est menacée de saisie à cause d’une dette, le film raconte cette situation à hauteur d’enfant, entre réalité quotidienne et imagination.

Le film adopte un rythme variable : des séquences assez dynamiques, avec des plans qui s’enchaînent rapidement, traduisent l’instabilité et le chaos du foyer, tandis que d’autres moments plus calmes, presque silencieux, permettent de s’arrêter et de réfléchir. Ces pauses semblent refléter le besoin de Roberta de prendre du recul face à ce qu’elle observe et ressent.

D’autre parts, la colorimétrie légèrement chaude correspond bien au contexte géographique et familial du film. La mise en scène privilégie de nombreux gros plans, notamment sur les visages ou certaines parties du corps, afin de transmettre les émotions des personnages et de créer une forte intimité avec eux. Quelques plans larges viennent également situer les lieux et montrer l’environnement dans lequel évolue la famille.

Par ailleurs, le jeu d’acteur est très convaincant et ne laisse jamais de doute sur la sincérité des personnages, ce qui permet de rester pleinement immergé dans le film. Vainilla parvient ainsi à mêler légèreté et gravité, montrant à la fois la solidarité, les tensions et les moments de joie au sein de ce foyer atypique. Le film offre un regard touchant sur l’enfance, la construction de soi et la manière dont une enfant est confrontée trop tôt aux réalités du monde adulte, tout en conservant une certaine douceur et une énergie communicative.