Critique de Thao Nguyen Le, à propos du film Amoeba, de Siyou Tan

Le film Amoeba suit Choo Xin Yu, une nouvelle étudiante à caractère rebelle dans une stricte école en Singapour. Elle attire l’attention de trois de ses camarades de classe partageant le même état d’esprit. Ensemble, elles forment un gang et leur envie de résister aux professeurs autoritaires et aux doctrines de l’école les pousse à découvrir les histoires effacées de gangsters mythiques qui régnaient dans les rues du Singapour colonial.
Ce que je trouve particulièrement intéressant, c’est la différence entre les deux formats de caméra qui présente le film. À travers l’objectif d’un caméscope VHS, que l’on peut distinguer par son format carré et sa qualité granuleuse, nous avons une vision plus personnelle du moment que les filles passent ensemble. Comme c’est Choo qui enregistre la plupart du temps nous voyons le monde à travers ses yeux.
D’autre parts, à travers la caméra professionnelle, nous voyons la réalité de ces scènes, qui agit plutôt comme un être omniprésent qui observe leur vie. Ces scènes ont de meilleures qualités, ses couleurs sont plus réalistes et même parfois, plus sourdes / désaturées.
En plus, les sentiments de ses filles ne sont pas représentés que par le cam-coder, mais aussi ils se manifestent de façon symbolique. Dans le film, Choo raconte qu’il y a un fantôme qui vient la voir la nuit. Nous n’avons jamais l’occasion de voir directement le fantôme, il n’est pas montré qu’à travers le scintillement des lumières ou des rafales de vent. Pour Choo, son fantôme réincarne sa solitude. Le fantôme est surtout présent au début du film quand elle est seule et personne n’est là pour elle. Mais quand elle est avec ses potes bizarrement le fantôme disparaisse. Malheureusement, il revient quand on sent que son groupe de potes commence à s’effondrer. Le fantôme renforce l’idée de cet univers est très stricte et lui empêché d’exprimer ces sentiments et opinions.
Le film m’a particulièrement touchée, car en étant vietnamienne j’ai vécu mes premières années d’école primaire là-bas et j’ai toujours des amis qu’y vivent encore et qui expérimentent la pression scolaire raconté dans le film. Après avoir vu ce film, j’ai l’impression que mes difficultés de ses premières années d’école sont mises en lumière et je pense que non seulement les filles d’Asie du Sud-Est, mais aussi tous les élèves qui fréquentent une école stricte peuvent s’identifier à elles.